Cartes postales d'ailleurs...

 

 Tadjikistan/Ouzbékistan - photos de S. Cruaud

 Brésil - photos de M.F. Violleau

Madagascar - photos de B. Fonquernie

 Laos : photos de C. Bécel

Inde - photos de C. Tiriault

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 Une invitation à partir, au rythme des mots et des images.

L'évasion est au coin de cette page qui recueille les impressions, anecdotes, coups de coeur, récits et aventures de voyage des adhérents. Embarquement immédiat !

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Sur la route… du Rio Urubu

(Extrait du journal de Françoise Leroy- septembre 2008).

A Manaus, nous retrouvons Thérèse, la responsable de l’agence Heliconia Amazônia Tourismo, qui nous présente Ricardo notre accompagnateur francophone et James, le guide officiel du tour, anglophone. La recommandation est de ne pas s’aventurer sans guides dans les forêts de l’Amazone.

Après trois heures de car, nous stoppons dans le village de Lindoia, là, Ricardo et James nous conduisent à pied vers un embarcadère rudimentaire. Nous montons dans une barque à moteur et l’enchantement commence !  Nous voguons sur l’Urubu, large de 500 m. à certains endroits. L’Urubu est lui-même affluent sur la rive gauche du Rio Negro, et celui-ci affluent de l’Amazone.

 Il s’agit d’un fleuve aux eaux noires. Comme le Rio Negro, l’Urubu a ceci d’agréable qu’  il est moins infesté de moustiques.  L’explication en est la végétation  en décomposition  donnant l’acidité à l’eau.  De plus sur ces rivières aux eaux noires, s’égrènent de  petites plages de sable fin et blanc contrairement aux fleuves blancs aux abords  boueux.

 Une heure de navigation plus tard, nous accostons. Le « lodge » semble parfait,  rustique mais confortable. Les cuisinières vont s’avérer hors pair, le menu est excellent  et abondant. De nature joyeuse, il faut les voir transporter sur leur tête une énorme  bassine contenant la vaisselle de tout ce petit monde pour descendre à la rivière, et là, sur le petit ponton, la laver en chantant et en s’arrosant un maximum car il fait chaud.

 

 Ricardo nous annonce que nous irons pêcher le piranha dans l’après-midi. Après une  sieste hamac, on est à pied d’œuvre. Embarquons dans la barque une rame, un fond de  bouteille plastique pour écoper, trois lignes, des morceaux de poulets, trois hameçons.  Car pour pêcher, nul besoin d’un gros matériel. Mais le temps fait grise mine soudain  alors que nous sommes au mi-temps de cette immense étendue liquide. Le vent mugit  littéralement sur la forêt au-delà des rives, les lourds nuages anthracite glissent à  toute allure. Le léger clapot devenant menaçant,  j’imagine que le fleuve peut s’énerver  vraiment et que la pirogue va d’ici peu se faire balloter comme un bouchon. Ricardo  prend les choses en mains et dirige le rafiot vers la plus proche rive à l’abri du vent et  de la pluie. Quant à l’orage, il gronde maintenant réellement et les éclairs allument le  ciel à qui mieux mieux. Ici, comme en Bretagne, il fait mauvais temps plusieurs fois par  jour. Alors, au bout d’une petite heure, le calme règne à nouveau. Nous reprenons notre  non activité avec ardeur dans le milieu du fleuve. La pêche s’avère mince : un piranha.  Patience et persévérance sont la devise du pêcheur chevronné…

 Comment parler du Rio Urubu sans parler des igarapés ? Igapô : forêt inondée en  langage indien. Et la nuit va me donner l’occasion de faire sa rencontre comme l’on  visite un château hanté. C’est un spectacle magique qui apparaît à mes yeux durant près  de trois heures de navigation à l’aveugle. Pour toute lumière, les étoiles du sud  s'accrochent sur un ciel invisible.

 Fantasmagorie d’un théâtre de fantômes ou de marionnettes décharnées et difformes.  On n’entend rien. Même la pagaye se tait en perçant le liquide.   Assis en tailleur  devant moi, torse nu, ses dreadlocks en palmier sur le sommet du crâne, Ricardo  serait-il le dieu Tupa ou le mythique Dauphin amazonien ? Notre retour s’effectue dans  ce silence assourdissant dans lequel nous évoluons  depuis deux heures. Nous  chuchotons plutôt que nous parlons, pour ne pas réveiller la nuit. Même les batraciens  dorment, c’est dire ! Les étoiles viennent sublimer une nouvelle soirée dans l’Amazonas  de mes rêves. L’astre glacé n’apparaîtra qu’à 4 heures du matin et jettera à profusion  sur le fleuve ses étincelles argentées.                               

Texte et images : Françoise Leroy

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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